Quand la rhétorique antisémite s’invite chez certains macronistes
Chers abonnés à @MacronardsFM, chers soutiens d’Emmanuel Macron, lisez attentivement ce tweet publié par un compte suivi par plus de 32000 personnes.
Voyez-vous, dans mon enfance syrienne, j’ai entendu matin, midi et soir une rhétorique antisémite qui entretenait la haine d’Israël :
« Israël tue les enfants palestiniens. »
À côté d’autres ignominies que l’on retrouve aujourd’hui dans certains discours de l’extrême gauche :
« Israël viole les Palestiniens. »
« Les chiens israéliens violent les prisonniers palestiniens. »
Et je vous épargne les accusations les plus abjectes.
C’est ainsi que, chez nous, en Syrie, on conditionnait des générations entières à la haine des Juifs et d’Israël.
Or, dans ce seul tweet, ce compte reprend deux fois une accusation qui me rappelle précisément cette propagande antisemite en Syrie.
Netanyahu, et donc Israël, massacre les enfants de Gaza. « Par cynisme », précise-t-il.
Ne voyez-vous pas la gravité de cette rhétorique ?
Ces mots ne sont pas prononcés par un Thomas Portes, une Aymeric Caron ou une Rima Hassan, dont nous dénonçons tous et régulièrement les obsessions contre Israël.
Ils sont prononcés par l’un des comptes macronistes les plus suivis sur X !
Un compte dans les Spaces duquel interviennent des personnalités de Renaissance, notamment des proches de Gabriel Attal comme sa porte parole madame
@priscathevenot ou des élus parisiens comme Monsieur
@SylvainMaillard
J’ai pourtant déjà alerté sur cette hystérie obsessionnelle. J’ai même mis en garde madame
@datirachida contre ce soutien lors de la campagne municipale et que je considérais comme particulièrement encombrant.
Que tous ceux qui prétendent lutter contre l’antisémitisme prennent le temps de lire ses publications.
Car, au-delà de l’ignominie des propos, ce compte reprend une rhétorique que l’on retrouve chez certains militants de l’extrême gauche et dans la propagande du Hamas.
Une rhétorique qui, à mes yeux, vise à salir Israël en présentant la mort d’enfants palestiniens comme le résultat d’une volonté délibérée de les tuer.
Dites-moi : quelle différence entre cette accusation et celles que nous lisons quotidiennement chez les trolls antisémites que nous finissons par bloquer avec dégoût ?
Ce qui me révolte profondément, c’est que je reconnais ces mots.
Je les ai entendus pendant des décennies en Syrie.
Je les entends aujourd’hui dans la bouche des antisémites les plus virulents.
Presque mot pour mot.
On peut soutenir aveuglément un président. C’est un droit.
Mais reprendre des éléments de langage qui alimentent la haine des Juifs et d’Israël devrait constituer une ligne rouge.
Une ligne rouge que nous dénonçons lorsqu’elle est franchie par des militants de LFI. Pourquoi deviendrait-elle acceptable lorsqu’elle est franchie par un soutien de Macron ?
Car il y a aussi, derrière ces accusations, une question de vérité.
Lors de mes séjours en Israël, j’ai pu constater l’importance accordée aux dispositifs d’alerte destinés aux civils. L’armée israélienne utilise des appels téléphoniques, des messages et des avertissements avant les frappes, à Gaza comme au Liban. C’est une vérité que les élus de l’extrême gauche ne vous diront jamais. Tout comme ce compte obsédé visiblement.
Accuser Israël de massacrer délibérément des enfants « par cynisme » est une accusation d’une extrême gravité. C’est une accusation fabriquée par les ennemis d’Israël depuis des décennies pour empoisonner des générations entières au Moyen-Orient.
Et la présenter comme une évidence contribue, selon moi, à nourrir la haine d’Israël auprès de notre jeunesse en France et en Europe.
Le Hamas gagne car ses éléments de langage finissent par être répétés, y compris par des soutiens au président Macron. C’est dire.
J’ai rencontré énormément d’Israéliens, y compris parmi les partisans de Netanyahu. Tous presque m’ont dit souhaiter que les enfants palestiniens puissent vivre en paix et connaître une vie meilleure.
Ce que je refuse, c’est cette généralisation qui transforme Israel - car Netanyahu n’est pas un dictateur, et il y a une armée d’un état démocratique derrière les guerres - en massacreur d’enfants. C’est grotesque.
Relisez attentivement les mots de ce compte :
« Les likoudniques de ce réseau social qui approuvent les massacres d’enfants de Netanyahu à Gaza (sans aucun état d’âme). »
Cela ne vous rappelle rien ?
C’est presque mot pour mot le type d’accusation que les soutiens d’Israël subissent quotidiennement de la part des militants de LFI.
Nous serions donc des partisans du massacre d’enfants !
Il n’emploie pas le mot « génocide », mais l’accusation est là : soutenir Israël ou Netanyahu reviendrait à approuver la mort d’enfants palestiniens.
Quelle différence de rhétorique avec celle des propagandistes du Hamas ?
J’ai bien du mal à en voir une dans cette formulation.
Et ce que je trouve particulièrement effarant, c’est le deux poids, deux mesures de certains soutiens macronistes.
Lorsque de tels propos viennent d’un élu ou compte LFI, ils s’indignent. À juste titre.
Mais lorsque des ignominies comparables sont formulées par un compte qui voue une véritable idolâtrie à Emmanuel Macron, ils se taisent, le suivent, participent à ses Spaces et contribuent à lui donner de l’importance.
À vous, élus et militants macronistes qui prétendez combattre l’antisémitisme, je pose donc une question simple :
Pourquoi condamner chez LFI une rhétorique que vous semblez tolérer chez vos propres soutiens ?
Pourquoi continuer à donner une audience et importance à ceux qui reprennent des accusations aussi graves contre Israël et ceux qui le soutiennent ?
L’antisémitisme ne devient pas moins dangereux parce qu’il se drape dans les soutiens à Emmanuel Macron ?
Et une rhétorique qui nourrit la haine d’Israël devient respectable simplement parce qu’elle vient de votre camp ?
On ne combat pas l’antisémitisme à géométrie variable. On le combat refusant d’accepter les rhétoriques qui le nourrissent.
C’est aussi simple que cela.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire.