🔴🔴🌍 Pendant que l’Amérique de Trump se rapproche de Moscou et malmène ses alliés, le Canada et l’Union européenne scellent à Montréal une alliance stratégique pour moins dépendre moins des États-Unis. Le monde libre se réorganise, et Washington n’y est plus.
🗃️ Les faits
Le 30 octobre 2026, au terme d’un sommet de deux jours à Montréal, le Canada et l’Union européenne ont lancé ce qu’ils appellent une "alliance pour l’avenir".
Le contenu est vaste et couvre les minerais critiques et terres rares, la coopération de défense et de cyberdéfense, l'énergie, l'intelligence artificielle, le commerce numérique. Sur l’Ukraine, le Canada négocie pour se joindre au prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir Kyiv.
L'objectif affiché est de réduire la dépendance des deux partenaires aux grandes puissances, la Chine et les États-Unis, pour les technologies et les matières premières stratégiques.
Côté américain, Trump a qualifié ce rapprochement de "ridicule" et menacé d’un acte hostile en retour s’il devait nuire aux intérêts américains.
💡 Ce que cela dit
Le Canada n’est pas un adversaire des États-Unis. C’est leur voisin, leur premier partenaire commercial, celui-là même que Trump, il y a quelques mois, menaçait d’annexer comme 51e État. Et c’est ce pays qui se tourne aujourd’hui vers l’Europe, non par hostilité, mais pour se protéger de l’imprévisibilité de Washington.
L'administration Trump a mutiplié les menaces contre le Canada : couper Starlink, élever les droits de douane, boycotter des produits ou services, taxer toujours et encore. Résultat, il les a poussé à s’émanciper. Chaque menace a été un argument de souveraineté. Aujourd'hui, l'Occident vient de comprendre qu'il devait s'organiser pour se passer de l’Amérique.
Ce basculement n’est pas abstrait pour l’électeur américain à trois jours des midterms. Dans les États frontaliers du Canada — le Michigan, les États agricoles et industriels du Nord —, on vit déjà, au quotidien, le prix de cette guerre commerciale absurde. Les usines sont au ralenti, les récoltes sont sans débouchés et les emplois sont menacés par des représailles que personne n’a voulues. Les électeurs qui paient de leur poche l’hostilité du président envers leur plus proche voisin, lui en tiendront-ils rigueur dans l’isoloir ?
Car c’est bien là le paradoxe de cette présidence. À force de vouloir dominer ses alliés, elle les perd. À force de promettre la grandeur, elle fabrique l’isolement.
Trump se rêve tellement puissant qu'il n'a pas anticipé que le Canada pourrait lui résister et lui tourner le dos. Pourtant, c'est exactement ce qui est en train de se produire et, croyez-moi, il n'est jamais bon d'insulter et perdre son plus gros client.