Le viellissement de l'ATL2 réserve déjà de mauvaises surprises. Il n'y aura pas de commandes de P8, également cher, et américain. On sous-estime aussi les frais liés à l'infra avec ces gros avions. La solution est donc évidente (et pas japonaise).
🔴 ON A ÉCARTÉ DASSAULT POUR AIRBUS. LA FACTURE BLOQUE TOUT, ET L'AVION POURRAIT ÊTRE AMÉRICAIN.
Chaque fois qu'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins quitte l'Île Longue, un Atlantique 2 de la Marine nationale le précède. Sa mission : s'assurer qu'aucun sous-marin étranger ne le suit. La dissuasion française commence là.
Les 18 Atlantique 2 doivent quitter le service en 2040 au plus tard. Leur successeur était choisi : en 2025, la DGA a retenu l'A321 d'Airbus, transformé en avion de patrouille maritime avec Thales, contre le Falcon 10X de Dassault. Budget prévu : environ 3 milliards d'euros. Premier avion : 2034.
En septembre, le lancement a été repoussé. Les offres dépassaient l'enveloppe.
Le rapporteur de la Marine à l'Assemblée, Yannick Chenevard, va plus loin. Il parle d'un « abandon » du lancement, « malgré le succès de l'étude de levée de risque ». La facture aurait augmenté de 65 %. Et il donne la raison : les négociations auraient « achoppé sur une estimation du coût du risque très élevée de la part d'Airbus, conséquence de ses déboires sur l'A400M ».
Autrement dit, Airbus fait payer à l'État français le prix de ses erreurs passées. Il a remporté le marché contre Dassault, puis présenté une facture alourdie par un programme qu'il a lui-même mal maîtrisé.
Le plan B évoqué dans la presse existe déjà : le P-8A Poseidon de Boeing.
Cet avion a déjà croisé ce dossier. À l'origine, le successeur de l'Atlantique 2 devait être franco-allemand : le programme MAWS. Il s'est arrêté quand Berlin a choisi le P-8 pour remplacer ses avions de patrouille. La France a poursuivi seule.
Si Paris se rabat à son tour sur l'avion américain, la protection de la dissuasion française reposera sur un appareil dont la maintenance, les mises à jour et une partie des systèmes dépendent de Washington.
Le chef d'état-major de la Marine prévenait en mai : « Nous n'avons pas le droit à l'erreur. » Entre 2034 et 2040, la marge est déjà mince. Chaque année de report la réduit.
La préférence européenne se décide aussi sur ce genre de dossier, loin des sommets et des grands discours : un avion de patrouille, un budget, une signature qui tarde.
Et le Falcon 10X écarté en 2025 n'a pas disparu.