I might buy an Optimus robot, but only if it can pass one test: it has to be able to strip a bed, run the sheets through the washer and dryer, and remake the bed. I don't think they can actually do that.
I have yet to see a humanoid robot do anything except useless control-theory exercises -- dance around, pick up something and put it down somewhere else. It looks like bullshit so far...
Elon Musk a dit que la robotique commencerait vraiment à arriver l'année prochaine.
Je crois que les gens n'ont pas encore compris ce que ça veut dire.
On parle beaucoup de l'IA qui remplace les tâches cognitives. Mais la vraie bascule, c'est quand l'intelligence reçoit un corps. Quand Optimus fonctionne, ce n'est pas un nouveau produit qui arrive. C'est une nouvelle primitive, comme l'électricité ou Internet : une brique de base sur laquelle tout le reste va être reconstruit.
Et une primitive, ça ne s'ajoute pas au monde. Ça le réécrit.
Pendant toute l'histoire de l'humanité, le facteur limitant de presque tout, c'était le labeur humain. Combien de bras, combien d'heures, combien ça coûte. Notre économie, nos villes, nos chaînes logistiques, nos États et même notre géopolitique ont été construits autour de cette contrainte.
Retirez la contrainte, et tout est à repenser.
Prenez la Chine. On y a externalisé une énorme partie de notre production pour une raison simple : le coût du travail. Mais si le travail devient un robot qui coûte le même prix à Lorient qu'à Shenzhen, et qui tourne 24h/24 sans pause, l'argument s'effondre. Ce qui compte alors, c'est l'énergie, la proximité, la vitesse et la résilience. On va relocaliser, pas par patriotisme, mais par simple optimisation.
On verra des usines au cœur des territoires, des micro-usines au coin de la rue, des chaînes de production courtes et reconfigurables en une nuit. Ce sera une réindustrialisation qui ne ressemble à rien de ce qu'on a connu.
Mais il y a un piège. Réindustrialiser par la robotique, ce n'est pas reconstruire les usines d'hier avec des robots dedans. C'est réinventer chaque système de zéro : la logistique, l'agriculture, la construction, le soin, la maintenance. Tout.
Et ça, aucun ministère ne saura le planifier. Ni plan quinquennal, ni commission, ni comité de pilotage. La bureaucratie centralisée a été conçue pour gérer un monde stable. On entre dans un monde où tout bouge en permanence. Le seul modèle qui marche, c'est de redonner une latitude énorme aux entrepreneurs : de la verticalité, de la vitesse, le droit d'essayer, de rater et de recommencer. Les pays qui le comprendront vont exploser. Les autres vont regarder passer le train. Encore une fois.
Maintenant, descendons à l'échelle de votre salon.
Vous avez un robot chez vous. Question simple : est-ce que c'est lui qui va faire vos courses ? Ou est-ce qu'il n'y aura plus de courses du tout, parce qu'un réseau de robots logistiques réapprovisionnera votre frigo avant même que vous sachiez qu'il manque quelque chose ? Le supermarché tel qu'on le connaît est peut-être une anomalie historique.
Et la cuisine. Aujourd'hui vous téléchargez une appli. Demain vous téléchargerez un chef : la gestuelle exacte d'un trois étoiles, sa précision, son timing, son tour de main. Un soir un ramen de Tokyo, le lendemain le kig ha farz de votre grand-mère, reconstitué à partir d'une vieille vidéo d'elle en cuisine. Le savoir-faire devient un fichier. Et un fichier, ça se partage à l'infini.
Allons plus loin. Vous avez quatre robots à la maison et un soir vous leur demandez un quatuor à cordes. Ils sont trente dans votre quartier, ils se synchronisent, et vous avez un orchestre philharmonique dans le parc. Du théâtre à domicile. Un professeur de piano infiniment patient pour vos enfants, qui joue avec eux à quatre mains. Un partenaire d'entraînement pour le tennis. Quelqu'un qui veille sur vos parents la nuit.
Ce qui était réservé aux rois devient accessible à tout le monde : le majordome, le cuisinier, le précepteur, le musicien de cour. Pendant des millénaires, seuls quelques privilégiés ont vécu entourés de gens dédiés à leur confort et à leur élévation. On s'apprête à démocratiser l'aristocratie.
Alors oui, le travail humain va changer radicalement. Beaucoup de métiers vont disparaître, et il ne faut pas le nier, il faut s'y préparer. Mais je crois profondément que l'homme n'a jamais été fait pour porter des cartons dix heures par jour. Libérer l'humain du labeur, c'est le rêve de toutes les civilisations. On est la génération qui va le vivre.
La question ne sera plus « comment je gagne ma vie ». Ce sera « qu'est-ce que je fais de ma vie ». C'est une question beaucoup plus vertigineuse. Et beaucoup plus belle.
Je pense que les gens ne se rendent absolument pas compte de l'ampleur du tsunami qui arrive. On n'est pas face à une amélioration du monde. On est face à un nouveau monde.
Ceux qui le construisent maintenant vont écrire les règles des cinquante prochaines années.
Moi, j'ai hâte.