Je discutais ce matin avec quelqu'un qui me disait que la concentration de pouvoir entre les mains d'Elon Musk était dangereuse.
C'est une vraie question. Mais elle est mal posée.
Regardez qui était tout en haut de l'échelle ces 30 dernières années. Les gens qui ont façonné le monde dans lequel on vit. Pour beaucoup, des profils franchement borderline. Et personne ne leur a jamais demandé de rendre des comptes avec la même intensité.
Bill Gates, par exemple. Sa vision du monde est profondément malthusienne : l'humanité comme un problème à gérer, une variable à réduire, une population à piloter. Ce que Musk appelle l'extinctionnisme.
Et c'est là que ça devient sérieux.
On est en train de vivre un virage civilisationnel. IA, robotique, énergie, espace. Le monde de 2040 n'aura rien à voir avec celui de 2020.
Et ce virage ne va pas émerger d'un consensus. Aucune grande bascule de l'histoire n'en est jamais sortie. Elles sont toujours portées par une poignée de gens avec une vision, et les moyens de l'exécuter.
Donc la vraie question n'est pas « est-ce que quelqu'un doit avoir autant de pouvoir ». Quelqu'un l'aura. La question c'est : qui, et pour en faire quoi.
Aujourd'hui, au sommet, il y a deux visions.
La première est collectiviste en surface, mais ultra-centralisée en réalité. Quelques méga-corporations, des dirigeants tout-puissants qui n'ont plus rien à prouver, et en dessous une lowerclass infinie, sous perfusion, gérée, apaisée, rendue inutile. Lisez le blueprint de Sam Altman, Moore's Law for Everything. Suivez le plan de Gates. C'est exactement là qu'on va.
La deuxième, c'est celle d'Elon Musk. L'expansion. Plus d'humains, pas moins. Plus d'énergie, plus de planètes, plus de conscience dans l'univers. Faire avancer la civilisation plutôt que protéger une hyperclasse.
Et ce qui est fascinant, c'est que même dans la Silicon Valley, même chez des gens qui ne l'aiment pas, la majorité finit par dire la même chose en privé : s'il y a quelqu'un à qui faire confiance dans tout ce bordel, c'est lui.
Est-ce que c'est sain d'avoir un single point of failure humain à l'échelle d'une civilisation ? Non. C'est dangereux. Évidemment.
Dans les 10 à 20 prochaines années, il faudra qu'émerge une forme de conseil, une génération d'entrepreneurs bâtisseurs dans cette lignée, pour que l'avenir ne repose pas sur un seul homme.
Mais aujourd'hui, quand on regarde ses projets, sa trajectoire et sa vision du monde, le choix est assez simple.
Bill Gates et Soros veulent maximiser l'intérêt de leur classe.
Elon Musk veut maximiser l'intérêt de l'humanité.
Le meilleur bet civilisationnel, c'est lui.