Quelques réflexions sur Parcoursup :
1️⃣ Parcoursup n’est ni parfait ni responsable de tous les problèmes d’orientation.
C’est simplement l’outil qui permet la rencontre entre les vœux des bacheliers et l’offre d’accueil des universités. Et il est parfaitement légitime de chercher à l’améliorer en permanence.
Globalement, le taux de satisfaction des lycéens avec Parcoursup s’élève à 72 % et plus de 80 % reçoivent au moins une proposition dès le mois de juin.
Néanmoins, Parcoursup et plus largement l’ensemble du parcours d’orientation continuent de susciter stress et incompréhensions de la part des élèves comme de leur famille. Il faut y répondre.
En particulier, les élèves demeurent inégaux devant Parcoursup. Un lycéen dont les parents connaissent les filières, les attendus des formations et les stratégies de candidature n’est pas à égalité de chances avec celle ou celui qui découvre le fonctionnement de l’enseignement supérieur. Parcoursup devrait au contraire réduire cette inégalité.
2️⃣ Le poids du contrôle continu est l’un des facteurs de pression.
Avec l’omniprésence du contrôle continu pour la moyenne du bac mais surtout pour le dossier Parcoursup, chaque note compte. Et donc chaque mauvaise note durant l’année peut fragiliser les élèves.
Cela explique aussi la pression mise sur les professeurs et l’inflation des notes, qui finissent par perdre leur valeur. A tel point que certaines formations du supérieur attribuent à chaque dossier un coefficient en fonction du lycée d’origine, recréant ainsi opacité et inégalités.
Il faut donc rééquilibrer le bac et le dossier Parcoursup : moins de contrôle continu, davantage d’épreuves terminales nationales et une réflexion sur la place de certaines épreuves dès la Première. Le contrôle continu pourrait être réservé aux spécialités et à l’EPS.
3️⃣ L’orientation reste un labyrinthe pour beaucoup d’élèves et de familles.
Avec 10 voeux à formuler (non-hiérarchisés !) sur 25 000 formations, comment espérer qu’il en soit autrement ?
Pour rendre cette procédure plus transparente et plus juste, nombreuses sont les possibilités, parmi lesquelles :
– Afficher de façon transparente les taux d’insertion et de réussite pour chaque formation : c’est maintenant le cas sur Parcoursup mais la plateforme pourrait être ouverte plus tôt dans la scolarité pour laisser plus de temps pour choisir (aujourd’hui, mi-décembre l’année de Terminale)
– Recréer un vrai métier de conseiller d’orientation pour un accompagnement humain de chaque lycéen alors que ce métier a été fusionné avec le corps des psychologues de l’Education nationale depuis 2017
– Permettre à chaque lycéen de consulter intégralement sa « fiche Avenir », remplie par l’équipe pédagogique et incluse au dossier Parcoursup, pour en comprendre les appréciations et, le cas échéant, faire rectifier toute erreur matérielle
– Permettre aux lycéens qui le souhaitaient de hiérarchiser leurs vœux dès la phase de candidature.
Il y a évidemment aussi un travail à faire dans l’enseignement supérieur pour fixer des critères de sélection transparents, promouvoir des filières plus insérantes et sans doute davantage pluridisciplinaires.
4️⃣ Enfin, il faut entendre ce que cette génération a à nous dire.
A tous les adultes qui, de bonne foi, considèrent que cette génération abuse, qu’elle se plaint trop ou qu’elle en demande trop… il faut mesurer ce qu’a vécu et vit cette génération : le Covid, l’anxiété climatique, l’IA qui change le rapport aux savoirs et au travail.
Cette jeunesse ne se résume pas aux violences injustifiables de ces dernières semaines : elle est pleine d’énergie, de caractère et de générosité. N’oublions jamais qu’ils sont l’avenir du pays.
La jeunesse n’a pas toujours raison mais la société qui la méprise ou qui la sacrifie aura toujours tort.
Point de vue interne d'une présidente de Commission des vœux Parcoursup, sur les vrais problèmes :
1. L'absence d'examen commun à tous les futurs étudiants et donc la prise en compte d'un contrôle continu qui engendre des tensions inutiles au lycée et une injustice pour la