Même si les assurances remboursaient chaque centime de perdu (ce qu'elles ne font pas) et même si on enlevait l'impact émotionnel de voir sa vie pro détruite (ce qui est une illusion), il reste deux choses que personne ne semble comprendre.
1) un commerce achète (matière première, stocks, etc.) et vend (produits finis). J'étais avec un cousin, artisan boulanger, ce week-end, qui a acheté 1,5 tonne de chocolat. Le tarif est négocié bien en amont pour préparer les fêtes de fin d'année et anticiper le besoin.
S'il avait à repasser commande aujourd'hui parce que sa matière a été détruite, déjà pas sûr que le fournisseur puisse prendre sa commande et ensuite, pas sûr qu'il l'ait ni au même prix, ni au bon moment.
Et la marge, c'est pas sale, c'est ce qui fait vivre une famille et des salariés. Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens, si vous ne margez pas, vous faites pas une activité commerciale, vous faites du passage de plat. Et construire une marge, ça s'anticipe.
2) Chaque jour perdu à reconstruire ou retrouver un stock, c'est du manque à gagner. Vous êtes indé, vous ne vendez pas une journée, c'est une journée de perte sèche. Vous vous souvenez le "pognon de dingue" qui a été dépensé pour soutenir tous les commerces pendant le Covid ? C'est ça compenser le manque à gagner, c'est une logique que seul un État peut encaisser à moyen ou long terme, les assurances s'en fichent.
Je sais que la France est mal éduquée financièrement, mais ce qui s'est passé samedi, ce n'est pas « pas grave car de l'argent magique va aider à payer une baie vitrée ».
Cela étant dit, je suis convaincu qu'il y avait 3 phénomènes samedi : des manifestations légitimes parce que le pays va mal et les gens en souffrent - et elles se sont plutôt bien passées -, des débordements violents politisés, côté manifestants et FDO, dont l'ampleur reste à mesurer mais que vous avez toutes et tous vus sur les RS... et un pillage pur et simple qui n'avait ni rapport avec la première manif, ni avec la seconde, ni avec « l'ultra-gauche ».
Brouiller les pistes en mettant tout le monde dans le même sac, c'est du travail d'amateur de politicien ou de plateau TV et ça n'arrangera rien.
Pour ma part, je ne partagerai aucune image de destruction, ce n'est pas la violence que je veux pour mon pays : force au personnel qui est en première ligne pour nettoyer ce carnage et qu'on applaudit jamais.
🔴 "Saccager une vie en 5 minutes". Dalida est la gérante d'un commerce dans le 10e arrondissement de Paris. Son établissement a été ravagé par des casseurs le 17 octobre. Elle nous fait part de son désespoir.
#canal16