La face sombre de Bally Bagayoko
Des amitiés particulièrement embarrassantes
Commençons par les frères Doumbia, que Bally Bagayoko défend publiquement.
Ahmed Doumbia a été condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et menaces de mort contre des policiers.
Le 30 septembre 2026, nouvelle condamnation : neuf mois de prison ferme, 4 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer un débit de boissons.
Son frère Adams Doumbia a notamment été condamné pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, puis à neuf ans de prison dans une affaire d’importation de cocaïne.
Malgré ces antécédents, Bagayoko a publiquement pris leur défense. Il est également intervenu dans des dossiers concernant un établissement de nuit.
Il ne s’agit donc pas simplement de vieilles connaissances croisées par hasard.
Ce sont des relations assumées, accompagnées d’interventions concrètes, dont la nature et les motivations méritent des explications publiques.
Autre personnage : Bart Ammadou Touré, 16e adjoint au maire, membre titulaire du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et de la radicalisation.
Marianne rapporte de nombreuses mises en cause judiciaires le concernant, notamment pour des faits de vols et de violences.
Sa présence dans une instance chargée de la prévention de la délinquance soulève néanmoins une question légitime sur les critères de nomination et d’exemplarité de l’équipe municipale.
Pendant ce temps, Saint-Denis connaît une crise majeure de ses effectifs policiers.
Selon un bilan relayé début octobre, 66 agents seraient partis sur les 120 que comptait le service.
D’autres sont sur le départ !
Une situation préoccupante dans une ville où les habitants réclament davantage de sécurité.
Autour de la gare, les plaintes se multiplient : retour des vendeurs à la sauvette, cigarettes de contrebande, commerces clandestins, nuisances, bagarres et points de deal signalés.
De nombreux habitants expliquent que la situation s’était améliorée sous l’ancienne municipalité et qu’ils assistent aujourd’hui à un retour en arrière.
Le 27 octobre, cinq collectifs et associations de riverains ont publiquement dénoncé une nette dégradation depuis avril 2026.
Le 24 septembre, une représentante des habitants du quartier de la gare vient exposer leurs difficultés au conseil municipal, Bally Bagayoko lui reproche, alors son approche trop répressive et sécuritaire.
Une conception de la violence qui interroge
Le 29 septembre, Bally Bagayoko affirme que la violence peut être légitime dans le contexte des mobilisations lycéennes.
Le lendemain, le préfet de police saisit la justice pour des faits présumés de provocation à commettre un délit.
Le maire conteste cette interprétation et affirme désapprouver la violence.
Mais la controverse pose une question fondamentale : quelle responsabilité porte un élu lorsqu’il évoque la légitimité de la violence dans un climat social déjà extrêmement tendu ?
Et maintenant, une enquête financière
Depuis août 2026, le Parquet national financier enquête sur les conditions dans lesquelles Bally Bagayoko a exercé son emploi de cadre à la RATP parallèlement à ses mandats électifs.
Les investigations portent notamment sur des soupçons de détournement de fonds publics, de recel et de concussion.
L’exemplarité politique en question
L’accumulation de ces affaires ansparence, la gestion de la sécurité et les relations personnelles du maire.
Pourquoi défendre aussi publiquement des hommes plusieurs fois condamnés ? Quels critères président au choix de ses collaborateurs ? Comment compte-t-il répondre aux riverains qui dénoncent une aggravation de l’insécurité ? Et comment entend-il rétablir la confiance dans la police municipale ?
Bally Bagayoko bénéficie d’une importante visibilité médiatique mais les habitants, eux, sont en droit d’exiger des réponses précises, et une exemplarité qui ne se limite pas aux discours.
Illustration
@grok