🚨 L'affaire Discover-Tech est un véritable scandale de surveillance de masse !
Une entreprise israélienne, Discover-Tech, dirigée par Dekel Boni, est au cœur d'une affaire d'espionnage international assez hallucinante. Des centaines de milliers de sites et applications auraient servi, parfois à leur insu, à alimenter un dispositif permettant de suivre des individus et même d'infecter leurs appareils avec des logiciels espions.
Tout ça à l'aide des centaines de trackers publicitaires que des milliers de sites nous forcent à accepter (les fameux nous et nos 656 partenaires).
▶️ En temps normal, lorsque vous consultez un site internet ou ouvrez une application, des enchères publicitaires se déclenchent automatiquement en quelques millisecondes. Les annonceurs reçoivent alors différentes informations : adresse IP, localisation approximative, modèle de téléphone, identifiants publicitaires, etc.
C'est ce système, appelé Real-Time Bidding (RTB), que Discover-Tech a détourné.
Au lieu de simplement acheter des espaces pour afficher des publicités, l'entreprise pouvait s'en servir pour identifier et suivre des appareils précis, puis leur adresser du code malveillant à travers les publicités.
Pas besoin de cliquer sur un lien suspect. Pas besoin de télécharger une application. Une simple visite sur un site pouvait suffire à déclencher une tentative d'infection.
Les chercheurs du
@citizenlab et de Confiant ont notamment établi des liens entre cette infrastructure et Candiru, une autre entreprise israélienne spécialisée dans les logiciels espions.
Chez Al Jazeera, 45 appareils auraient ainsi été compromis. Les chercheurs ont retrouvé des traces réseau et du code permettant de documenter les infections.
Mais l'affaire va beaucoup plus loin.
Près de 4 milliards d'enregistrements d'enchères publicitaires ont été analysés.
Les publicités de Discover-Tech ont circulé sur environ 200 000 sites et applications, avec des traces jusque dans des réseaux gouvernementaux, militaires, diplomatiques et médiatiques.
Ca ne veut pas dire que tous ces utilisateurs ont été piratés. Mais cela donne une idée de l'étendue du dispositif et des possibilités de surveillance.
🇫🇷 Et la France est aussi concernée.
Citizen Lab indique avoir retrouvé des impressions publicitaires associées à Discover-Tech sur le réseau d'un média français, dont le nom n'a pas été rendu public.... (on veut savoir)
Les chercheurs ont également identifié des connexions depuis la France à Controlium, la plateforme utilisée pour exploiter ces données publicitaires. En revanche, aucune infection en France n'est publiquement confirmée à ce stade.
Autre élément troublant.... : parmi les anciens administrateurs de Discover-Tech figure Eric Banoun, également lié à Circles et Senpai Technologies, deux sociétés de l'industrie de la surveillance. Des liens existent aussi avec l'environnement d'Intellexa, connu pour son logiciel espion Predator.
Et ce n'est pas tout. Les chercheurs ont identifié un autre acteur, baptisé DARK CARTOGRAPHER, qui cherchait à relier les identifiants publicitaires des téléphones à leurs véritables numéros, en exploitant notamment des faiblesses de certains réseaux mobiles.
Des informations collectées initialement pour vous vendre des chaussures ou vous afficher une publicité peuvent être utilisées pour vous identifier, vous localiser, suivre vos déplacements et, dans certains cas, préparer le piratage de votre téléphone à l'aide logiciel espion.
À la suite des révélations, Google et plusieurs acteurs de la publicité numérique ont coupé les accès de Discover-Tech.
Ce scandale dépasse largement la question des logiciels espions israéliens.
Il révèle à quel point l'infrastructure publicitaire mondiale est devenue un formidable outil de renseignement.
Nous avons laissé se développer un système dans lequel nos téléphones transmettent quotidiennement des informations à une multitude d'intermédiaires, sans que nous sachions réellement qui les récupère ni ce qu'ils en font.
Le plus préoccupant, c'est qu'il n'est même plus nécessaire d'être personnellement visé au départ pour que ses données circulent dans ce système.
La publicité ciblée n'est plus seulement un enjeu de vie privée. C'est aussi devenu un enjeu majeur de cybersécurité et de souveraineté.
Comment se protéger (ou tenter) ?
Déjà, en bloquant les publicités et les traceurs avec un outil comme uBlock Origin sur Firefox ou Brave, qui intègre nativement ces protections.
Sur smartphone, désactivez la personnalisation publicitaire et supprimez ou réinitialisez votre identifiant publicitaire lorsque c'est possible.
Pensez aussi à maintenir votre navigateur et votre système à jour. Un DNS filtrant comme NextDNS ou AdGuard DNS peut compléter ces protections.
Attention toutefois : bloquer les trackers réduit considérablement l'exposition à ce type d'attaque, mais ne garantit pas une protection totale contre les logiciels espions, notamment ceux qui exploitent des failles zero-click.
Sources :
🔹 Citizen Lab - Enquête complète sur l'affaire AdFection et Discover-Tech (15 octobre 2026)
citizenlab.ca/research/how-d…
🔹 Citizen Lab - Synthèse des révélations et des infections par Candiru
citizenlab.ca/research/expos…
🔹 Confiant - Analyse technique des publicités malveillantes, du pistage et des attaques zero-click
blog.confiant.com/p/adint-we…
🔹 Le Monde - Comment des publicités en ligne d'apparence anodine peuvent infecter, silencieusement, votre téléphone (15 octobre 2026)
lemonde.fr/pixels/article/20…