Dette publique, spread, la grande confusion.
Je profite de ce tweet de
@sc_cath , parmi tant dâautres, pour rĂ©pondre aux erreurs, confusions et mensonges qui se multiplient sur la dette et le spread avec lâAllemagne.
1/ Un spread de 1,6 point ne signifie absolument pas que la France risque de faire faillite.
Les Ătats-Unis empruntent eux Ă un spread de 1,7 point au-dessus de lâAllemagne, donc plus cher que la France : vont-ils aussi faire faillite ?
Faut-il considĂ©rer que tous les Ătats qui empruntent plus cher que lâAllemagne, comme le Royaume-Uni ou lâItalie ou beaucoup dâautres, vont Ă©galement faire faillite ?
2/ Le calcul des 60 milliards dâintĂ©rĂȘts supplĂ©mentaires est mensonger : il applique instantanĂ©ment le coĂ»t du spread Ă lâensemble de la dette, alors que celle-ci a une durĂ©e de vie moyenne de plus de huit ans, donc ne se refinance que progressivement, et quâelle a un taux moyen beaucoup plus faible.
Ils confondent le stock et les flux, les taux dâhier et ceux dâaujourdâhui, le spread et le coĂ»t rĂ©el du financement.
Trois confusions de base pour faire peur.
3/ Le spread franco-allemand ne mesure pas seulement la situation française. Il reflÚte aussi la singularité allemande.
Il peut augmenter soit en raison de la France, soit en raison de lâAllemagne. Or les obligations allemandes bĂ©nĂ©ficient dâun statut particulier : actifs refuges, grande liquiditĂ©, rĂŽle de rĂ©fĂ©rence et utilisation comme garanties financiĂšres. Câest aussi cela que reflĂšte lâĂ©volution du spread.
4/ Plus largement, un spread nâest pas une probabilitĂ© de dĂ©faut. Il reflĂšte des diffĂ©rences de liquiditĂ©, dâoffre et de demande de titres, des mouvements de marchĂ©, le bilan Ă©conomique de ce gouvernement, et des anticipations Ă©conomiques.
Les marchĂ©s peuvent amplifier les crises et rĂ©agir Ă des anticipations quâils contribuent eux-mĂȘmes Ă crĂ©er. Ă force dâannoncer la catastrophe, certains risquent de la provoquer.
5/ Le danger mortel, câest dâinstrumentaliser un spread pour imposer lâaustĂ©ritĂ©.
LâaustĂ©ritĂ© aggrave prĂ©cisĂ©ment le ratio dâendettement quâelle prĂ©tend rĂ©duire. En Ă©touffant la croissance, elle rĂ©duit les recettes fiscales et augmente le poids de la dette dans le PIB, mĂȘme lorsque les dĂ©penses diminuent.
Ils prĂ©tendent sauver la France de la crise par lâaustĂ©ritĂ©. Ils vont provoquer la crise par lâaustĂ©ritĂ©.
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