Tout dans le texte de cette PPL en trahit la nature extrémiste, dogmatique, idéologique. Ce n’est pas une loi « sociétale », c’est un coup opéré par un militantisme associatif dont les motivations, notamment celles de l’ADMD, on le voit, ne parviennent pas à convaincre. Comme les coups d’État, la réussite de ce coup dépend de sa vitesse d’exécution. Un 15 juillet !
Il ne s’agit de rien moins que de passer de notre modèle historique et politique, consensuel dans ses principes, fondé sur la solidarité et le soin, à un modèle individualiste, validiste, impitoyable pour les plus fragiles : les personnes âgées, les malades, les personnes en situation de handicap, les dépressifs, les personnes isolées, paupérisées par la vie ou sans ressources, les paumés, les malheureux.
Pour un tel enjeu, crucial, vital, dès lors que l’Assemblée nationale s’est montrée dès le début incapable d’unanimité, incapable même de produire une majorité qualifiée, incapable de convaincre le sénat, et que le peuple n’est cependant pas convoqué par référendum, alors c’est qu’il s’agit d’une sorte de coup de force, un coup de force législatif, tirant profit de l’absence de toute majorité, du désordre politique et institutionnel pour s’accomplir.
Légaliser l’euthanasie dans ces conditions constituerait un drame aux conséquences que les promoteurs du texte ne peuvent pas connaître, ce qui ne les retient pas de charger les députés d’en assumer la responsabilité.