Pendant des siècles, on a haï les Juifs au nom de la religion. Ils avaient tué le Christ, refusé la vraie foi, empoisonné les puits. Puis arrive la fin du XIXe siècle. Ce discours commence franchement à sentir la naphtaline. Nous sommes à l'heure de la science, du progrès et de la raison. Accuser les Juifs de déicide, ça fait un peu curé de campagne quand même.
En 1879, un journaliste allemand, Wilhelm Marr, popularise un mot original : « antisémitisme ». Exit la religion. Place à la race, à l'anthropologie, à la biologie. Ça fait savant, scientifique, progressiste. On déteste des juifs sans passer pour un fanatique médiéval.
Et... ça marche. Marr fonde une Ligue des antisémites. En France, Drumont fait un best-seller avec La France juive, puis entre à la Chambre en 1898 sous la bannière antisémite. Il faut comprendre que le mot n'a alors rien d'une insulte ou d'une honte. C'est un bonus. On l'affiche fièrement sur ses professions de foi, ses affiches électorales, dans les journaux, etc. Être antisémite, c'est être moderne. C'est même, croit-on, être du côté du progrès.
Vous comprenez donc que cela n'a rien à voir avec aujourd'hui. Les antisionistes de 2026 sont modernes, progressistes, fiers de l'être. Ils sont convaincus d'être du bon côté de l'histoire. Exactement comme... Ah.