Il faut améliorer le service universitaire. Oui, un grand oui. Mais interdire à l'institution de valider des compétences (donc d'invalider les incompétents), c'est lui demander de remplacer des diplômes par des trophées de participation.
Le problème du syndicalisme étudiant, c'est que tous les deux ans en gros, il réclame le 10 plancher / 10 améliorable, l'interdiction des notes éliminatoires, le bénéfice gardé de la meilleure note entre deux notes...
Je crois que cette attitude de l'avant-garde militante pour la note par la négociation est une exception française. C'est une conséquence tout à fait logique de la bascule culturelle qu'a opéré le bac Blanquer, en localisant l'évaluation. Mais c'est aussi le résultat de compromis passés sur lesquels il ne fallait rien lâcher. On ne donne pas une note pour rendre service au noté. Une note, c'est une garantie donnée à ceux que le noté doit servir. La note dit au malade que son médecin est bon.
Outre l'intérêt général, promettre le diplôme par la grève est la plus sûre façon de rendre l'institution impuissante. C'est accélérer la déchéance de l'université, et de l'intelligence humaine, face à la progression de l'IA.
Cette perspective de dévalorisation du diplôme va de pair avec le recrutement des enseignants dans l'indifférence de leur niveau. C'est la dèche. On n'a pas un vivier de grands intellectuels en attente de rendre service. Sinon, ils seraient déjà dans le secondaire.
Il y a une façon de sortir de ce piège. Il faut parfaitement délocaliser le diplôme. J'ai bien dit parfaitement. Nous devrions créer des certifications étatiques éloignées des lieux où ont lieu les cours. Un service d'Etat, distinct des établissements, qui ne fasse que cela : tester, et valider ou invalider. Et à la fin on n'est plus diplômé de la Sorbonne, mais du pays.
Et là vous verrez, on cessera de négocier auprès de son prof d'anglais pour qu'il mette "niveau C1" sur sa lettre de recommandation, quand on est niveau B1. On essaiera d'avoir le niveau.
🔴 Parcoursup : "Il faut pouvoir abolir la sélection à l'université", réclame Manon Moret, secrétaire générale de l’UNEF, qui demande "une augmentation massive du nombre de places dans l'enseignement supérieur".
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